Le dialogue des ténèbres

 

Adapté des Correspondances de Madame de SEVIGNE et des Maximes du Duc de La ROCHEFOUCAULD, un spectacle Lyrique et théâtral autour des Leçons de Ténèbres de François COUPERIN. Musiques additionnelles de François COUPERIN et Marin MARAIS.

 

Deux femmes, que tout semble opposer, se retrouvent afin de veiller sur la santé de leur ami, le Duc de La ROCHEFOUCAULD. A travers leurs discussions, elles évoquent tous les sujets de société sur lesquels elles ont des opinions bien différentes, et prient pour l’âme de leur grand ami, chantant avec ferveur un Office de Ténèbres qui lui est dédié.

 

Les Leçons de Ténèbres par Olivier BOUGUENEC, organiste et musicologue

Les Leçons de Ténèbres appartiennent à un office particulièrement symbolique de la Semaine Sainte, qui, à l’origine, était chanté à Matines, c’est-à-dire durant la nuit des mercredi, jeudi et vendredi de la semaine sainte, et qui, pour plus de commodité mondaine, furent décalés à la veille au soir.
Durant ces trois offices, qui prenaient place à l’apogée des célébrations de la Semaine Sainte, on lisait les dramatiques Lamentations de Jérémie, qui avaient été écrites peu après la destruction de Jérusalem par les Babyloniens. Au centre de cette dramaturgie se trouvait un chandelier triangulaire à quinze cierges que l’on éteignait progressivement après la lecture de chacun des psaumes appartenant également à ce rite. Les cierges représentaient les onze apôtres fidèles, les trois Marie et le Christ. Une fois le dernier psaume lu, on transportait le seul cierge restant allumé – celui du Christ – derrière l’autel ou dans une lanterne fermée pour évoquer les ténèbres de la crucifixion et de la mort. Ainsi, l’office se terminait dans l’obscurité la plus totale justifiant ainsi le nom d’office des Ténèbres qui lui resta attaché.